Un tiers de la population mondiale confinée et une économie en berne

Covid-19.  Plus d’un tiers de la population mondiale, évaluée par l’ONU à 7,8 milliards de personnes en 2020, est contrainte de rester chez elle comme seule « stratégie opérationnelle » pour freiner la pandémie mondiale du Coronavirus (Covid-19) même si cette mesure  drastique est jugée contraignante pour l’économie.

Plus d’un tiers de l’humanité s’est désormais retrouvée confinée chez elle après la décision de l’Inde, le deuxième pays le plus peuplé du monde derrière la Chine, de confiner ses 1,3 milliard d’habitants à partir de mercredi face au coronavirus qui sème le chaos et la panique à travers le monde,

« Souvenez-vous que même un seul pas hors de chez vous peut ramener la grave maladie du coronavirus dans votre foyer », a averti dans un discours à la nation le Premier ministre indien, Narendra Modi, dont le pays recense 519 cas de Covid-19, dont 10 morts.

Avec le confinement de l’Inde, ce sont 2,6 milliards de personnes désormais appelées à se cloîtrer chez elles, selon un comptage réalisé à partir d’une base de données d’agences de presse. Cela    représente plus d’un tiers de la population mondiale, évaluée par l’ONU à 7,8 milliards de personnes en 2020.

D’après un bilan établi par des agences à partir de sources officielles, plus de 18.000 personnes ont perdu la vie à cause de ce virus et plus de 400.000 cas d’infection ont été diagnostiqués dans 175 pays et territoires.

Ce nombre de cas diagnostiqués ne reflète toutefois qu’une fraction du nombre réel de contaminations, un grand nombre de pays ne testant plus que les cas nécessitant une hospitalisation.

Dans les pays les plus touchés par le Covid-19, un ennemi mondial invisible, les hôpitaux sont au bord de l’effondrement, les personnels de santé exténués et exposés à la contagion, et les victimes inhumées ou incinérées à la hâte.

« Beaucoup de collègues pleurent parce que des gens meurent seuls sans avoir revu leur famille et nous avons à peine le temps de leur tenir compagnie », se lamente Guillen del Barrio, infirmier dans un hôpital de Madrid saturé de malades cité par l’AFP.

Dans la capitale espagnole, une patinoire a été transformée en morgue géante. Les halls d’exposition de la Foire de Madrid ont été reconvertis en hôpital de campagne de 1.500 lits, et l’armée a été appelée à la rescousse pour désinfecter les maisons de retraite où les morts se comptent par dizaines.

Et en Italie, le bilan quotidien reste cauchemardesque: encore 743 morts mardi. Mais une décrue du nombre de contaminations suscite de timides espoirs chez les scientifiques, qui y voient l’efficacité des mesures draconiennes de confinement prises dans ce pays.

En Afrique, en Amérique latine et en Europe, couvre-feux, confinements, fermetures de commerces et restrictions de déplacements se généralisent, la majorité des scientifiques jugeant que seules des mesures drastiques de cet ordre sont en mesure de freiner la maladie contre laquelle aucun vaccin ni aucun traitement avéré n’existent à ce jour.

« Le confinement est actuellement la seule stratégie réellement opérationnelle », a ainsi estimé mardi le Conseil scientifique français sur le Covid-19, qui a jugé « indispensable » de prolonger de plusieurs semaines cette mesure en vigueur dans le pays depuis plus d’une semaine.

Le président américain, Donald Trump, et son homologue brésilien, Jair Bolsonaro, ne sont pas du même avis. « Il faut retourner au travail, beaucoup plus tôt que les gens ne le pensent », a lancé M. Trump sur la chaîne Fox News.

Les Etats-Unis ont recensé mardi plus de 700 morts et de 53.000 cas officiellement déclarés de Covid-19, selon le comptage de l’université Johns Hopkins, qui fait référence. Environ 40% de la population américaine est confinée chez elle ou sur le point de l’être, les restrictions variant d’un Etat à l’autre.

« On peut détruire un pays en le fermant de cette façon », a estimé le président américain, selon qui une « grave récession ou une dépression » pourraient faire plus de morts que l’épidémie, notamment si la crise économique devait entraîner « des suicides par milliers ».

F. D.