Spéculation au temps du Corona

L’édito de Mourad Bendris

La propagation de l’épidémie provoquée par le Covid-19 ne fait pas que des malheureux dans notre pays. Pour une faune de spéculateurs sans foi ni loi elle constitue une aubaine à ne pas rater. Ce, d’ailleurs, à quoi ils se sont employés dès ses premiers signes. Comme par enchantement, les prix des denrées alimentaires, ceux de certains médicaments et produits parapharmaceutiques ont, en effet, subitement et fortement grimpé. Bien entendu, après leur, toute aussi subite et forte, raréfaction sur les marchés. Une raréfaction, faut-il le dire, provoquée. Comme l’attestent les récurrentes découvertes, ces derniers jours et aux quatre points du pays, d’importantes quantités de denrées alimentaires (surtout) stockées dans des hangars clandestins. Condamnées en elles-mêmes en temps normal, ces pratiques éhontées le sont davantage en cette difficile passe que traverse l’Algérie. Que des Algériens décident de s’enrichir en exploitant la peur légitime que provoquent chez la plupart de leurs compatriotes, la rapide propagation de l’épidémie provoquée par le Covid-19 dans le pays, est, en effet, hautement condamnable. En plus d’être immorales, ces pratiques sont également totalement illégales. Et, de ce fait, susceptibles d’être sévèrement réprimées par la Justice. C’est, au demeurant, ce qu’exigent tous les honnêtes citoyens de ce pays. Surtout ceux d’entre eux qui sont de conditions modestes. Et qui, de ce fait, se doivent d’être protégés par l’Etat. Lequel est dans l’obligation de sévir, au plus tôt et avec la plus grande fermeté possible, contre les auteurs de ces pratiques éhontées qui se sont mis, par leur appât morbide du gain facile, au ban de la société. Une société dont ils menacent, dans la foulée, la stabilité: la situation de pénurie de produits, alimentaires et autres, essentiels qu’ils ont créée et la hausse vertigineuse de leurs prix qui s’en est suivie, n’ont pas été sans provoquer le mécontentement de larges franges de la société algérienne. Ce dont le pouvoir s’en serait bien passé. Surtout en cette période difficile que traverse le pays. Non pas uniquement du fait de la propagation de l’épidémie provoquée par le coronavirus et de ses retombées sur le quotidien de nos compatriotes et sur l’économie nationale, mais également en raison de la situation politique toujours instable prévalant dans le pays: la contestation de la légitimité du président Tebboune n’ayant pas cessé avec la propagation de l’épidémie du Covid-19. Tout indique qu’elle est seulement ajournée à des moments moins agités sur le plan sanitaire.

M B