Les précautions contre la pandémie enfin de mise à Koléa

Prévention. Jeudi dernier, après le rappel à l’ordre du président Abdelmadjid Tebboune, les Algériens avaient repris leurs esprits : les mesures de prévention sont enfin de mise à Koléa.

Les commerçants et autres commis se sont conformés aux règles élémentaires d’hygiène.

Même les garçons de cafés se sont drapés de gants en servant les commandes. Pour dire. Et finalement la bonhommie avait repris sa place dans la société. Les marques de solidarité en premier lieu et les commentaires se faisaient plus mesurés. Pas de scène de panique. Pas de jérémiades aussi.

«En vérité, j’ai ouvert mon commerce parce que je ne veux pas me cloîtrer à la maison et surtout pour casser un brin de causette», déclare Amirouche, richissime kabyle de Koléa, livrant de la pièce détachée automobile dans la wilaya de Tipaza. Youcef, un fils de Moudjahid de la guerre de Libération nationale, a démobilisé son employé et a pris place derrière le comptoir de l’estaminet. Le service est exemplaire et les tables sont desservies illico-presto. Notre Youcef garde le moral et joue son rôle à bon escient. Quelques mots à peine à propos de nos compatriotes hébergés dans des hôtels grand luxe à Oran, aux Andalouses, et bien évidemment à Matarès, le très huppé complexe de Tipaza.

Avant-hier mercredi, le P/APC avait dépêché les agents de l’ordre public, pour rappeler aux commerçants et services connexes, les règles d’hygiène et de redoubler de vigilance face à l’imprévu. Même les douches publiques et les hammams ont fermé leurs portes, carrément. Histoire de couper court aux rumeurs fantaisistes et aussi, bien entendu, terminer le bricolage qui a été laissé en plan rafistoler ce que n’a pas encore été rafistolé. Le wali de Tipaza n’a pas sacrifié la célébration de la date du 19 Mars 1962 et les couleurs nationales se sont élevées dans les airs.

L’Adhan à la prière est toujours entonné et le muezzin recommande, jusqu’à nouvelle ordre, aux fidèles d’accomplir la prière en famille, dans les foyers.

Les nouvelles qui parviennent d’Alger sont bonnes : 32 cas de patients testés positifs ont résisté au virus. Nos voisins et amis abandonnés par l’Hexagone, ont été rapatriés par le Gouvernement Djerrad comme décidé. Restent ceux qui sont livrés à eux même, voyageurs pris de court en terre étrangère, en Turquie et d’autres en Europe et Asie.

Pour revenir à Koléa, la voie publique de la ville est la même que tous les jours : Algérie-Poste et l’administration en général ne sont pas désertés. Les gens vaquent, vaille que vaille, à leurs occupations urgentes. A part peut-être que la gente féminine s’est faite plus discrète et que le marché de a route d’Oran, ne connait pas d’affluence habituelle.

En fait, place à la raison : plus question de philosopher sur les raison de la propagation du virus. Il s’agit dorénavant de garder l’œil ouvert sur le Covid-19. «Je jure que si l’Algérie venait à découvrir un vaccin efficace, elle serait la première à en partager les bienfaits avec le reste du monde ». Telle est la phrase prononcée par Karim, un koléacien de souche, par un soir de débats animés sur le Corona.

Farid Mellal