Entre psychose et “je m’en foutisme”, l’Algérien balance

Par Mourad Bendris

Dire que la situation est sérieuse, relève du truisme. Et ce, tant la propagation dans notre pays de l’épidémie provoquée par le Covid-19 est inquiétante. Entre le 24 février dernier, date de la confirmation officielle du premier cas de coronavirus et le jour d’aujourd’hui où plus de 200 cas – 230, selon le bilan officiel communiqué hier par le porte-parole de la Commission nationale de veille et de suivi de la propagation de l’épidémie de coronavirus – sont, tout aussi officiellement, recensés, un mois s’est écoulé. C’est dire la vitesse de cette propagation. Une vitesse qui n’est pas toutefois le seul sujet d’inquiétude. L’extension de l’épidémie à un nombre de plus en plus grand de wilayas – hier, elles étaient, selon la même source précitée,29 à en être affectées -, en est un autre. Des faits qui ont amené les plus hautes autorités du pays à passer au stade 3 de la lutte contre l’épidémie. Et, dans la foulée, à prendre des mesures de plus en plus contraignantes pour les citoyens. Des mesures qui font toutes appel à la compréhension de ces derniers. A leur civisme mais, surtout, à leur implication dans cette lutte. Sauf que cette implication ne peut être efficiente que si elle est sous-tendue par une prise de conscience, par les citoyens, de la gravité de la situation présente. Ce qui malheureusement ne semble pas être le cas pour une bonne partie de nos compatriotes; des deux sexes et de tous les âges. Nombre de vidéos circulant sur les réseaux sociaux dévoilent,en effet et on ne peut mieux, leur totale inconscience d’une telle gravité. Non contents de ne pas prendre la moindre mesure de protection dans leurs déplacements, ils n’hésitent pas à clamer haut et fort, dans une insensée attitude de défi à la réalité et aux autorités, leur volonté de ne rien changer à leurs habitudes d’avant la déclaration de l’épidémie. Fait grave, ils vont jusqu’à justifier leur attitude par des arguments religieux des plus bancals; du genre: “la vie et la mort ne dépendent que de Dieu”. Un tel comportement, il faut le dire, ne peut que rendre difficile la tâche aux autorités politiques et sanitaires du pays. Une tâche déjà compliquée parle comportement immoral d’une frange de commerçants sans foi ni loi qui profitent de la difficile situation que traverse le pays pour s’adonner à une spéculation éhontée sur quasiment toutes les denrées alimentaires afin de les écouler sur le marché à des prix prohibitifs. Et là, il faut dire qu’ils sont grandement aidés dans leurs condamnables pratiques par la partie de nos compatriotes qui “ne prennent pas à la légère” la propagation de l’épidémie provoquée par le Covid-19. Ceux-ci ont, en effet et malheureusement, la fâcheuse tendance à céder à la psychose. Et, partant, de se ruer sur les commerces pour acquérir, à n’importe quel prix, tout ce qui est consommable. Reste à espérer, au vu de l’aggravation annoncée hier de la situation, que la raison finisse par l’emporter et qu’aussi bien les “je-m’en-foutistes” que “ceux qui ont tendance à céder à la psychose” abandonnent au plus vite leurs comportements négatifs.

Mourad Bendris